Archives pour la catégorie Vu-Lu-Entendu sur le Web

2018-12 L’histoire des Noirs dans la peinture

« On a tendance à penser qu’étudier l’art sous le prisme de la couleur est une entrée communautaire, ce qui est faux. »

Employees pose for photographers with an oil painting of black African muslim, Ayuba Suleiman Diallo, a freed slave, painted in 1733 by William Hoare, during a photocall at the National Portrait Gallery in London, on July 7, 2010. The gallery Wenesday launched an appeal to raise 100,000 GBP to aquire the image. AFP PHOTO / BEN STANSALL (Photo by BEN STANSALL / AFP)

Que dit la peinture de la perception des Noirs dans les sociétés européennes du XIVe au XXe siècles ? Après avoir étudié près de 5 000 tableaux sur lesquels figurent des personnages noirs, Naïl Ver-Ndoye et Grégoire Fauconnier en ont tiré l’anthologie Noir : entre peinture et histoire.

Cet ouvrage dense met en lumière des figures restées dans l’ombre de l’histoire de l’art. Leurs trajectoires singulières, du diplomate au soldat en passant par le domestique, éclairent l’histoire des relations entre l’Europe et l’Afrique.

Entretien avec Naïl Ver-Ndoye, professeur d’histoire-géographie.

Au-delà des préjugés, vous expliquez que les peintres ont eu du mal à reproduire la couleur des Noirs…

Les peintres ont fait de nombreuses expérimentations pour obtenir une teinte comme la mienne, c’est-à-dire marron. Il fallait faire des mélanges, travailler les pigments et le reflet de la lumière sur la peau. Or la lumière ne se reflète pas de la même manière sur les peaux noires ou blanches. On remarque cette difficulté dans les tableaux de Véronèse [1528-1588] datant de la Renaissance.

Le Radeau de la Méduse, exposé au Louvre, est l’un des tableaux les plus connus du grand public. On y voit trois hommes noirs. Le peintre Géricault les a volontairement ajoutés. Pourquoi ?

C’est un tableau militant. Géricault [1791-1824] raconte le naufrage d’une frégate coloniale sur les côtes mauritaniennes, le 2 juillet 1816. Sur le radeau, il fait figurer trois hommes noirs, dont un appelle au secours avec un haillon blanc. Pour les peindre, il s’est servi du même modèle, Joseph, un homme noir très connu à Paris. Il peint trois hommes alors qu’un seul a survécu au naufrage, pour interpeller sur le sort des Noirs et dénoncer la traite négrière.

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Sources : babelio.com  (« Noir » de Grégoire Fauconnier et Naïl Ver-Ndoye ; 27/09/2018)  ;  lemonde.fr

 

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2018-11 La Réserve des Arts donne une seconde vie aux déchets de la culture

… initiative sociétale remarquable à destination des acteurs culturels et des artistes.

C’est la caverne d’Alibaba des professionnels de la culture. La Réserve des Arts récupère chaque année à la fin des défilés de mode, des expositions et des événements culturels des tonnes de matériaux destinés à la poubelle. Elle les revend un tiers du prix dans son entrepôt de 1 000 mètres carrés près de Paris, à Pantin (Seine Saint-Denis). Une démarche d’économie circulaire en milieu culturel.

147 tonnes de matériaux destinés à la poubelle revendus

« On va récupérer les matériaux à la fin d’un défilé de mode, d’une exposition, d’un évènement ou même les chutes de bois d’un ébéniste« , explique Louisiane Roy, chargé des partenariats de la Réserve des Arts. En 2017, l’association a collecté et revendu 147 tonnes de matériaux qui auraient dû partir à la poubelle.

La Réserve des Arts compte s’agrandir. L’équipe voudrait ouvrir un autre entrepôt, quatre fois plus grand que l’actuel, en Île-de-France mais ambitionne aussi d’ouvrir d’autres réserves des arts dans l’Hexagone.

Sources : novethic , vidéo

 

2018-11 Beefbar, le restaurant style Art nouveau

Dans une salle de style Art nouveau revampée par les architectes Humbert & Poyet, installez-vous sous la verrière ornée de motifs végétaux. Moquette graphique, tables en noyer laqué et laiton, banquettes en velours vert sapin…

Ultracontemporaine, la déco se marie parfaitement avec le cadre traditionnel de la salle, classée monument historique depuis 1985.

 

Source : admagazine

2018-11 Le tatouage, une pratique qui se développe

De plus en plus de personnes tatouées, un nombre de boutiques qui augmente, du travail à domicile non déclaré… Le tatouage est à la mode en France et certains professionnels réclament l’instauration d’un diplôme pour encadrer l’activité.

À titre d’exemple, il existait 100 salons en 1985… contre 4 500 en 2018. 10 % des Français étaient tatoués en 2010, 17 % en 2018. L’augmentation est significative. Pour se faire tatouer, il faut compter 80 € en moyenne en boutique.

Comment le métier de tatoueur est-il défini ?

Le métier de tatoueur n’existe pas et ne dispose pas de code dédié dans la nomenclature de l’Insee. Il est juste mentionné dans une catégorie hétéroclite : « Autres services personnels ».

Si bien que l’association Tatouage et partage, présidée par Stéphane Chaudesaigues, milite pour l’instauration d’un diplôme délivré aux nouveaux tatoueurs à l’issue d’un an de formation en alternance. « Cela permettrait de donner à notre profession un cadre légal. Nous pourrions ainsi accéder à une assurance professionnelle et prendre des apprentis. 15 000 actes de tatouage ont lieu chaque jour. Il faut éviter tout risque pour la santé publique.»

Dessin d’un chef maori, 1784 par Parkinson à la suite du premier voyage du capitaine James Cook en Nouvelle-Zélande. (wikipédia)

Certains ne partagent pas cette perspective.

« Un diplôme n’empêcherait nullement la prolifération des tatoueurs clandestins »

Pour le Snat, certains tatoueurs, qui se réclament d’une démarche de création, doivent pouvoir accéder au statut d’artiste-auteur. Et à ce titre bénéficier d’une TVA à 10 %.

Source : Ouest France


Commentaires :

  • Le SNAT (syndicat national des artistes tatoueurs) est une association loi de 1901 créée en 2003 par deux tatoueurs français, Tin-Tin et Rémy
  • Un tatouage est un dessin décoratif et/ou symbolique réalisé en injectant de l’encre dans la peau. Auparavant, il était effectué avec de l’encre de Chine ou des encres à base de charbon ou de suif.