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2019-01 Être artiste à Mossoul (Irak)

Après avoir maintenu l’art en vie sous Daech au péril de leurs vies, les artistes de Mossoul profitent aujourd’hui d’une nouvelle tribune grâce à une émission de télévision animée par un jeune peintre irakien, Abdulrahman Al Dulaimi.

Mossoul, capitale de Daech en Irak

Pendant plus de deux ans, Qais Ibrahim Mustafa âgé d’une soixantaine d’années et sculpteur depuis 1974, fut contraint de vivre sous l’occupation de Daech. Malgré les risques d’exécutions sommaires proférées par les djihadistes à l’encontre des artistes, Qais s’est évertué à créer.

Aux côtés de son fils, Qais Ibrahim Mustafa a réalisé des dizaines de sculptures dans le sous-sol de la maison, jusqu’à la libération par l’armée irakienne fin 2016. Afin de ne pas attirer l’attention des djihadistes qui patrouillaient dans les rues de la Mossoul jour et nuit, chaque coup de maillet était asséné avec délicatesse alors que le reste de la famille vivait au premier étage.

La télévision, porte-voix de l’art irakien

Abdulrahman Al Dulaimi, 23 ans, se veut le porte-voix d’un art irakien encore en deuil. Depuis janvier 2018, poètes, écrivains, peintres, sculpteurs et chanteurs se pressent dans le studio d’Ebdaa was Hekaya pour confier leur rêve d’un autre Irak où culture rimerait avec respect des traditions. Le programme est un réel succès et sensibilise l’audience mossouliotte aux valeurs humanistes portées par le secteur culturel.

Sortir de l’ombre après Daech

Après la diffusion du premier épisode, des centaines d’Irakiens ont exprimé leur joie de voir une initiative de ce type émerger si rapidement.“Cette émission est un outil puissant pour présenter la créativité de nos artistes au monde entier”, énonce Abdulrahman Al Dulaimi.

« Quand Daech a envahi Mossoul, j’ai caché mes toiles sous mon matelas », confie Natiq Azizz, artiste irakien

 

 

Enthousiaste de nature, le sculpteur Qais se sent investi d’une mission d’intérêt général et entend raviver la culture après Daech. Fin 2017, alors qu’il veut envoyer un message fort et placer un monument artistique aux allures féminines aux portes de la vieille ville, c’est le gouverneur de Mossoul en personne qui l’en empêche prétextant qu’une statue de cette nature pouvait heurter des citoyens souvent conservateurs.

L’influence de Daech est toujours bien présente en Irak”, conclut Qais


Source :  TV5 Monde

2018-03 ‘Bagdad mon amour’ l’exposition-hommage des artistes irakiens

« Bagdad mon amour » est présenté à l’Institut des cultures d’islam, du 29 mars au 29 juillet. (de g. à dr.) Ici, les artistes Walid Siti, Ali Assaf, Himat, Mehdi Moutashar et le commissaire d’exposition Morad Montazami.
Pour mettre à distance la noirceur de la guerre et se saisir de leur patrimoine sans nostalgie, les artistes irakiens, qui exposent dans « Bagdad mon amour », à l’Institut des cultures d’islam (jusqu’au 29 juillet), allient couleurs éclatantes, poésie et parodie. Un dialogue vivifiant avec nombre d’œuvres antiques pour beaucoup à jamais disparues.

À travers les œuvres exposées de 17 artistes, qui exercent désormais pour la plupart hors de leur pays d’origine, c’est un hommage qui est rendu à Bagdad. C’est « un cri du cœur par rapport à la tragédie patrimoniale et humanitaire de l’Irak », affirme Morad Montazami. « Quinze ans après les pillages du musée des Antiquités de Bagdad qui ont suivi l’invasion de l’armée américaine en 2003, puis les destructions du patrimoine du groupe terroriste État islamique, se pose l’enjeu de l’héritage visuel », explique-t-il.

« Cloth Windows : for my Mother » (1993), d’Ali Assaf

 

Bagdad mon amour est placée sous le patronage de l’Unesco, et bénéficie du soutien de Makiya Kufa, Institut Français Irak et la Fondation de l’Islam de France

Source : saphirnews.com

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Informations pratiques

Horaires
Du 29 mars 2018 au 29 juillet 2018

Lieu
Institut des Cultures d’Islam
19-23 rue Léon
75018Paris 18

Tarifs
Gratuit


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