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2018-11 La Grande Guerre : les peintres des Poilus

Durant quatre années (1914-1918), le monde de l’Art a été « confronté » à  ce conflit mondial et aux « brutalités » des combats. Soixante millions de soldats y ont pris part. Parmi eux, des artistes.

Certains ont décidé d’échapper à la mobilisation générale et de soustraire à la propagande de défendre la patrie et la République, contre un ennemi perçu comme redoutable, d’autres l’ont « vécu » au plus prés des bombardements, des attaques chimiques, des luttes corps à corps et des moments de « calme ». Chacun d’entre nous à un grand-père, un grand-oncle, un grand cousin… tué ou ayant survécu. Le mien, à 17 ans, était présent à la bataille de la Marne, puis à Verdun pendant la guerre des tranchées. 50 ans plus tard, les cauchemars l’empêchaient de trouver sommeil.

Les missions d’artistes aux armées, instituées à l’automne
1916, viennent s’insérer dans un ensemble de manifestations
et de programmes artistiques existants tournés vers la
représentation de la guerre. Dès l’automne 1914, le général
Niox, directeur du musée de l’Armée, accrédite avec l’accord
du Grand Quartier Général, des peintres pour des missions
aux armées. Elles prennent fin officiellement en octobre
1915, mais se poursuivent officieusement bien au delà de
cette date. Les participants sont pour l’essentiel des artistes
membres de la Société des peintres militaires, présidée par
François Flameng, et accrédités peintres du ministère de la
Guerre.

On citera quelques artistes et les expositions qui leur ont rendu hommage :

  • exposition inédite qui évoque à travers l’histoire individuelle et familiale du peintre François Guiguet et celle de son ami Julien Le Blant, « peintre des poilus de la Gare de l’Est » de Paris, ce qui s’est passé sur le front mais aussi à « l’arrière », pendant les quatre années de guerre.
  • Julien Le Blant est un peintre d’histoire militaire reconnu et médaillé pour ses œuvres traitant des guerres de Vendée, les chouanneries. Vétéran de la guerre de 70, à 63 ans il souhaite rempiler mais se heurte au refus de l’État-major. Il obtient l’autorisation de se rendre auprès des soldats et il participe à la 8e mission d’artistes aux armées, en septembre 1917. Sa carrière prend un nouveau tournant ; il devient le peintre des poilus auxquels il voue respect et admiration.

Albert_Herter_1926 – Le Départ des poilus, août 1914
  • Albert Herter, né à New York en 1871 et mort à Santa Barbara (Californie) en 1950, est un peintre américain. Il est connu en France pour être l’auteur d’une peinture monumentale de 60 m2 soit 12 m sur 5 m, Le Départ des poilus, août 1914, exposée depuis 1926 dans le hall des départs de la gare de Paris-Est à Paris. Cette toile illustre le départ pour le front des soldats français, les poilus, mobilisés en 1914. Elle fut peinte en souvenir de son fils, Everit Albert, tué près de Château-Thierry et enterré près du lieu de sa mort, dans les derniers mois de la guerre et inaugurée en présence du Maréchal Joffre.

Henri Lebasque ‘Ruines de guerre’, vers 1917
  • Henri Lebasque, né à Champigné, le 25 septembre 1865 et mort au Cannet, le 7 août 1937, est un peintre post-impressionniste français. En 1917, il sera engagé comme peintre aux armées avec Félix Vallotton.
Marthe, sa fille aînée, est l’épouse du peintre Carlos-Reymond.

 

  • Peintre, graveur et aquafortiste né à Paris en 1881, Marcel-Eugène Louveau-Rouveyre fut l’élève de Benjamin Constant et Laurens.
    Le Musée Carnavalet et le Musée de l’Armée de Paris conservent quelques unes de ses œuvres  (Suite de 6 dessins et esquisses à la mine de plomb (dont un avec rehauts à l’aquarelle) réalisés entre 1914 et 1916, chacun signé et légendé) : Environs de Verdun, 1916 – Claude Danglois, Barcy 1914 – Bois-le-Prêtre, 1915 – Barcy, 1914 – Officier aux environs de Verdun, 1916 – Dans la tranchée, Champagne 1915.

Biblio :


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2018-11 Les arts et la Grande Guerre

Un dossier pédagogique, élaboré par le Réseau Canope, est mis à disposition des enseignants dans le cadre des programmes scolaires français : Histoire, Arts – 3e, 1re  {Équivalence canadienne : Secondaire, 2e cycle].

La Première Guerre mondiale modifie profondément le regard que portent les artistes sur la guerre, ces derniers délaissant petit à petit une forme d’exaltation pour une dénonciation de la violence et de la barbarie.

Une page intéressante et riche d’informations. Les auteurs répertorient les différents formes d’art qui ont évoqué (croqué) cette période, pendant et après  le conflit. Exemples, illustrations et témoignages jalonnent l’écrit. En évoquant les « artistes », on citera :

Chacun, à sa manière, tente de représenter l’indicible brutalité des combats, la douleur des femmes et des enfants livrés à eux-mêmes, la peur face à la mort mais aussi, parfois, une certaine fascination face à cette guerre moderne et totale. exhaustif qui balaye l’ensemble des arts.

Jacques Tardi, C’était la guerre des tranchées, 1993 – Éditeur : Casterman

Les Formes d’Arts :

  • les Témoignages et récits autobiographiques,
  • la Poésie (Guillaume Apollinaire, Calligrammes, Poèmes de la paix et de la guerre, 1918),
  • le Théâtre,
  • les Romans,
  • les Bandes dessinées (Jacques Tardi, C’était la guerre des tranchées, 1993 – un hommage à son grand-père)

 

En retraçant la vie des artistes peintres… [Peintures/dessins]

La guerre de 14-18 brise l’élan de ce courant créatif (fauvisme, cubisme, futurisme, abstraction). Ainsi, plusieurs mouvements d’avant-garde apparus avant 1914, comme le cubisme, disparaissent à la fin de la guerre. Braque, qui n’a pas laissé un croquis de la guerre, est blessé en 1915 ; Derain, qui passe les quatre années de la guerre dans l’artillerie, remplace à cette occasion la peinture par la photographie. Léger échappe de justesse à Verdun. D’anciens cubistes et fauves sont employés au camouflage. Certains, comme Delaunay et Picabia, quittent la France pour ne pas combattre. En Italie, la mort de Boccioni et de Sant’Elia vide le futurisme de sa substance. Par ailleurs, pour les pays en guerre, il n’est plus question de salons, d’expositions ou de débats artistiques.

Et de poursuivre :

  • les Affiches de propagande,
  • les Peintures/dessins,
  • le Cinéma [Malins, McDowell, La Bataille de la Somme (The Battle of the Somme), réalisé à la demande du gouvernement britannique, sort en salles à Londres en 1916] [Charlie Chaplin qui réalise en 1918 le film The Bond ; Abel Gance, J’accuse, 1919],
  • la Musique et les chansons

On citera :

  • Claude Debussy, « Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon ».  En février 1917, Debussy compose cette courte pièce, aux accents de désespoir et d’abandon, dont le titre est un vers de Charles Baudelaire.
  • Gustav Holst, Les planètes, Mars, celui qui annonce la guerre, composée en 1914, créée en 1918.
  • La Chanson de Craonne, 1915. Cette chanson contestataire fut censurée par le commandement militaire pour ses paroles subversives et antimilitaristes.

Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu à toutes les femmes
C’est bien fini, c’est pour toujours
De cette guerre infâme
C’est à Verdun, au fort de Vaux
Qu’on a risqué sa peau […]

Flambeau, chien de guerre – texte et illustrations de Benjamin Rabier

Les Affiches de propagande [Album Flambeau. Chien de guerre, à consulter sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France] sont incontournables, dans toute l’Europe et aux États-Unis, pour exalter l’élan patriotique : elles incitent à s’engager et surtout, à

Affiches de propagande de la Première Guerre mondiale

participer financièrement à l’effort de guerre en souscrivant aux emprunts d’État.

Elles jouent aussi sur les peurs à travers des caricatures effrayantes de l’ennemi, telle une affiche allemande qui représente un soldat français aux doigts crochus cherchant à s’emparer de l’Alsace.

 

 

 

Source : dossier « les Arts et la Grande Guerre »


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2018-11 Exposition « Mathurin Méheut, peintre de la Grande Guerre »

Mathurin Méheut (expo Auvers-sur-Oise) [capture écran)
Du 15 septembre 2018 au 3 mars 2019, le musée Daubigny d’Auvers-sur-Oise propose une exposition consacrée au peintre de la Grande Guerre Mathurin Méheut.

De 1914 à 1918, Mathurin Méheut (1882-1958), peintre, décorateur et céramiste breton a combattu sur presque tous les fronts. De 1914 à 1916, en Artois et en Argonne, il participe en 1 ère ligne aux violents combats de la guerre de tranchées. En 1916, ses talents d’observateur et de dessinateur ajoutés à la qualité de ses relevés topographiques le conduisent au Service topographique de l’Armée à Sainte-Menehould dans la Marne.

Entre chaque assaut, l’artiste consacre l’essentiel de son temps libre à « croquer » les poilus. Quotidiennement et par tous les temps, en première ligne, dans les tranchées comme au cantonnement, il fait des croquis, peint des aquarelles et des gouaches. Il s’attache aux détails, à ces petits riens qui racontent la vie telle qu’elle est. De ses visions de l’enfer, Méheut restitue les scènes familières avec une grande pudeur. Son œuvre est un témoignage d’une rare précision sur la vie quotidienne du front. Plus de cinquante dessins jalonnent l’exposition.

*Informations pratiques*

  • Exposition du 15 septembre 2018 au 3 mars 2019
  • Musée Daubigny, 8 rue de la Sansonne, 95430 Auvers-sur-Oise
  • Du mardi au vendredi : de 14h à 17h30
  • Samedi, dimanche et jours fériés : 10h30 – 12h30 et 14h – 17h30

Source : centenaire.org


Autres infos

Bienvenue au musée Mathurin MéheutSitué au cœur de Lamballe dans le département des Côtes-d’Armor en Bretagne, le Musée Mathurin Méheut est consacré à cet artiste peintre, décorateur, illustrateur, céramiste et sculpteur natif de la ville (1882-1958), installé dans une ancienne maison à pans de bois.

Mathurin Méheut « Prisonniers boches-au travail » – Collection Musée Mathurin Meheut (Lamballe) – credit ADAGP2018

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2018-10 Conférence « Artistes et intellectuels face à la Grande Guerre »

À chacun ses armes
Artistes et intellectuels face à la Grande Guerre
Mardis 9, 16 octobre et 6 novembre, à 15h
Ces conférences vous permettront de découvrir l’importance de l’art et des artistes pendant la première guerre mondiale. La musique y est même devenue un élément de survie, un symbole de patriotisme, y compris sur le front.
Anne-Sophie Godot dans la salle Hypostyle du CESE pendant les JEP 2017 (capture d’écran)

Animée par Anne-Sophie Godot, historienne de l’Art [Université Paris Sorbonne (Paris IV) – doctorat d’histoire de l’Art –Domaine d’études histoire de l’Architecture]

Source : Chavillescope n° 16 (sept-oct 2018)


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